Mis à jour le 17/08/2025.
Alexander Oparin (1894-1980) est un Professeur en biochimie diplômé de l’Université de Moscou, connu en particulier pour ses travaux notables portant sur l’origine de la vie. Par ailleurs spécialiste des réactions enzymatiques, il a participé à l’application des procédés biochimiques à l’industrie.
Les théories de la panspermie
Oparin s’est d’abord penché sur l’examen des différentes théories de la panspermie, sujet de réflexion ancien et d'abord proposé par le grec Anaxagoras, puis étoffé au fil des millénaires et des découvertes scientifiques, que nous avons illustré dans notre chapitre traitant l’approche plus moderne de Chandra-Wickramasinghe. Pour élaborer ses propres hypothèses, Oparin s’interroge sur les éléments qui précédaient la vie, présents notamment dans l’atmosphère, et dont la combinaisons complexe et séquentielle aurait permis l’apparition.
Évolution de la matière biologique
Il tente alors de retracer l’évolution de la matière biologique. Depuis l’identification de composés élémentaires pré-biotiques, leur combinaison en une matière organique inanimée, puis, par la mise en œuvre de réactions biochimiques, l'émergence des premiers organismes vivants primitifs ; dotés de caractéristiques fondamentalement différentes, gouvernés non plus seulement par les propriétés de ses atomes et l’arrangement des molécules selon les forces de l'attraction et de la répulsion des particules. La venue, enfin, de créatures mues par des processus complexes : la reproduction, la génomique, l’intelligence ; avec l’avènement de la vie, la chimie seule ne permettait plus d’expliquer le monde.
De la chimie au vivant
Il s’agit de la transition progressive mise en œuvre par les millions d'années : un environnement riche en molécules pré-biotiques, permit l'assemblage de molécules organiques ; ces dernières s'organisaient en systèmes dynamiques, menés par des réactions chimiques prédictibles : itérées pendant longtemps, elle furent le lieu de l'émergence de l’autoréplication, l’autoassemblage, l’autocatalyse. Jusqu’à l’apparition d’une membrane cellulaire : une bicouche phospholipidique à peine différente d’une bulle de savon, qui encapsule une poignée de macromolécules essentielles : l’ARN et l’ADN, représentants modernes des réplicateurs primordiaux, y ont élu résidence permanente. Ces dernières macromolécules, soumises à la conjonction des sévices du temps et de la pression de l'environnement, offrirent un matériau malléable aux caprices des tendances évolutionnaires : on appelle cette substance malléable le vivant. La transmission des caractéristiques entre les générations, assorties de la variabilité entre les individus, et les mécaniques de la sélection naturelle, donnèrent lieu à un arbre phylogénétique qui recouvrit la planète.
Les coacervats et l’océan primitif
Oparin, s’appuyant notamment sur les travaux du biochimiste de Los Angeles Sidney W. Fox, propose que les éléments présents dans l’atmosphère à l’époque de l’origine de la vie ont pu former des « coacervats » : des gouttelettes microscopiques, noyées dans les eaux tumultueuses de l'océan primitif, riches en molécules organiques. L'atmosphère primordiale fournissait les composés gazeux, électrifiés par les décharges de la foudre, cramoisis par les rayonnements UV : en fallut-il plus ? Lessivées par les pluies, transportées dans l'océan, concentrées et mises en mouvement par les forces de la chimie des particules, elles s'agglomérèrent sous une forme stable : 4 milliards d'années plus tard, ses dérivés sont au centre des cycles bio-géo-chimiques planétaires. Sapiens, de l’autre côté du microscope, essaie vainement de distinguer ce qui se cache au confin des âges : les milliards d’années le lui dérobent.
- 🧬L’hypothèse d’Oparin propose que la vie trouve son origine dans l’atmosphère et l’océan primitifs, par la mise en œuvre de réactions chimiques prédictibles sur des composés identifiables.
- 🔬Les coacervats sont envisagés comme des précurseurs cellulaires, organisant un contenu riche en molécules organiques.
- 📈La transition de la chimie vers la biologie marque l’émergence de la sélection naturelle et de l’évolution.
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Gènes et Cie